Une expertise peut se déclencher en cas d’introduction de l’IA dans l’entreprise. Si l’IA est déjà présente, une expertise est aussi possible en cas de projet important modifiant les conditions de santé et de sécurité ou les conditions de travail. Mais encore faut-il prouver que la modification est importante et a un vrai impact sur les conditions de travail…
Le cas de figure le plus approprié est sans doute le recours à un expert habilité en lien avec l’introduction de nouvelles technologies.
Le recours à un expert habilité est aussi possible en cas de projet important modifiant les conditions de santé et de sécurité ou les conditions de travail (C. trav., art. L. 2315-94).
Il semble que s’agissant de l’introduction de nouvelles technologies, elle justifie à elle seule le recours à l’expertise sans qu’il soit nécessaire de démontrer d’emblée, l’existence de répercussions sur les conditions de travail des salariés (TJ Pontoise, 15 avril 2022, n° 22/00134).
La seule difficulté s’agissant de l’IA, c’est qu’il faut bien qu’on soit en présence d’une nouvelle introduction ; si l’entreprise avait déjà recours à l’IA mais qu’elle souhaite renforcer l’utilisation, le recours à l’expertise risque d’être contestable au motif qu’il n’y a pas d’introduction d’une nouveauté.
L’autre possibilité, c’est de fonder l’expertise sur un projet important modifiant les conditions de santé et de sécurité ou les conditions de travail. Cela peut être le cas avec l’IA.
La difficulté c’est de prouver qu’il s’agit bien d’un projet ou un aménagement important. En cas de litige les juges vont s’intéresser à l’impact sur les salariés. Le CSE a donc tout intérêt à bien justifier ces points dans sa délibération. Cela n’a pas été le cas dans une affaire récente…
Dans les 2 cas, l’expertise est réalisée par un expert habilité. Elle est financée par le CSE sur son budget de fonctionnement, à hauteur de 20 %, et par l'employeur, à hauteur de 80 % (sauf budget insuffisant). Plus de détails avec notre fiche pratique Découvrez 10 cas dans lesquels le CSE peut avoir recours à un expert
Ici, lors d’une réunion CSE, l’employeur avait consulté le CSE sur le projet de déploiement d’un service d'agent conversationnel (Copilot Chat proposé par Microsoft), de façon volontaire pour 4 mois. Lors de la réunion, le CSE a décidé d’une expertise. La délibération mentionnait : un tel projet modifie sensiblement, durablement et de manière collective les conditions de travail des salariés avec des conséquences éventuelles sur la santé des salariés.
L’employeur a contesté devant le tribunal judiciaire en faisant valoir :
Le CSE de son côté tente de faire valoir que :
Le tribunal judiciaire a donné raison à l’employeur dans cette affaire. Il relève :
Le CSE n'établit donc pas que le projet est important ni qualitativement ni quantitativement ; il n'établit aucun impact sur les conditions de travail qui à ce stade reste très limité.
Le recours à l’expertise n’est pas justifié.
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