Choc psychologique lors d’une réunion : un accident du travail peut être reconnu

Article rédigé par Anne-Lise Castell
Publié le 9 décembre 2025, mis à jour le 12 mai 2026

Un accident de travail ne se limite pas aux lésions physiques. Un choc psychologique, qui intervient lors d’une réunion où le management d’un salarié est remis en cause, peut être reconnu comme un accident du travail. Mais ce n’est pas systématique.

Quelques rappels sur l’accident du travail

Est considéré comme accident du travail, quelle qu'en soit la cause, l'accident survenu par le fait ou à l'occasion du travail (Code de la Sécurité sociale, article L. 411-1).

Il y a donc 2 critères principaux :

  • l’accident doit arriver sur le lieu du travail ;
  • et pendant les heures de travail.

Si un salarié est victime d’un tel accident, il doit informer son employeur dans les 24 heures mais il a intérêt en pratique à le faire immédiatement. Il faut également faire constater son état par un médecin.

Bon à savoir : la présomption d’accident du travail peut être renversée par l'existence d'une cause étrangère au travail.

Pour aller plus loin vous pouvez consulter notre fiche Tout savoir pour faire reconnaître un accident du travail

La qualification d'accident de travail ne se limite pas seulement aux lésions physiques comme l'illustre une affaire récente sur le cas d’un choc psychique.

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Le cas d’un choc psychologique lors d’une réunion

La Cour de cassation a admis qu’un choc psychologique peut aboutir à un accident du travail. Ici une salariée est victime d’un choc psychologique lors d’une réunion où son management est remis en cause. La réunion a bien lieu au temps et au lieu du travail. 3 jours après, la salariée est placée en arrêt de travail et finit par être déclarée inapte. Considérant que son arrêt de travail était consécutif à un accident du travail, la salariée va en justice.

La cour d’appel avait d’abord écarté l’accident du travail en retenant que la salariée n'avait pas été victime d'un accident du travail mais avait été placée en arrêt maladie en raison de sa fragilité psychologique dont l'origine était à rechercher :

  • dans ses difficultés à mettre en place des primes versées aux salariés ;
  • et dans son incapacité à gérer un conflit social.

Mais la Cour de cassation relève ;

  • que la salariée avait subi un choc psychologique ;
  • et que l'accident litigieux est survenu au temps et sur le lieu de travail.

Il était donc présumé revêtir un caractère professionnel. L’affaire sera rejugée.

Bon à savoir : l’affaire bien qu’elle concerne la Nouvelle-Calédonie est parfaitement transposable.

Une affaire rendue par une cour d’appel en avril 2026 nous permet d’apporter des nuances. Ici une salariée est victime d’un syndrome anxio dépressif. Une réunion du 14 février ayant pour thème la répartition des tâches au sein de l'équipe administrative en serait la cause.

Seulement :

  • le premier certificat médical du 17 février ne décrit pas les lésions constatées et ne renseigne pas de lien avec le travail ; 
  • un certificat rectificatif est établi 2 mois après mais ne mentionne pas la réunion litigieuse comme étant à l'origine du syndrome anxieux, pas plus que la date de constatation des lésions ;
  • la salariée est en outre revenue travailler un jour avant d’être en arrêt.

Conclusion : il n’y pas eu apparition d'une lésion sur le lieu de travail ou d'élément contemporain de l'accident établissant le lien entre la réunion survenue sur le lieu du travail et le syndrome anxio dépressif.

La cour d’appel déduit de tous ces éléments qu’il n’y a pas de faisceau d’éléments concordants concernant les circonstances exactes de la réunion et l'apparition d'une lésion sur le lieu de travail ou en lien direct avec le travail. La décision de la caisse de prendre en charge l'accident n’était donc pas opposable à l’employeur.

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Références
  • Cour d'appel de Toulouse, 4e chambre section 3, 16 avril 2026, RG n° 24/04160
  • Cour de cassation, chambre sociale, 19 novembre 2025, pourvoi n° 24-12.238
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