Les représentants du personnel ont un vrai rôle à jouer concernant la mise en oeuvre du droit à la déconnexion. Récemment, le ministère du Travail a publié une fiche sur le droit à la déconnexion dans laquelle il donne les principes fondamentaux pour rédiger une charte sur le droit à la déconnexion et insiste sur le fait que dans l’idéal, le CSE est associé à la réalisation de cette charte et pas juste consulté.
Le droit à la déconnexion est un des thèmes de la négociation obligatoire relative à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et la qualité de vie au travail.
Important : Toutes les entreprises, qui ont une ou plusieurs sections syndicales d'organisations représentatives doivent engager une telle négociation au moins tous les 4 ans. Sachant qu’à défaut d’accord la périodicité est annuelle.
Plus précisément il faut aborder :
Il n’existe pas de définition du « droit à la déconnexion » fixée dans le Code du travail, mais le ministère du Travail précise que celui-ci répond, par l’utilisation régulée des outils numériques dans le cadre professionnel, à plusieurs objectifs :
Sachant qu’à défaut d'accord, l'employeur élabore une charte, après avis du CSE (C.trav., art. L. 2242-17).
Bon à savoir : Cette charte :
Même si votre avis n’est que consultatif, n'hésitez pas à commenter les modalités définies par l’employeur et à proposer d’autres actions concrètes à ajouter.
Le ministère du Travail précise que même lorsque les entreprises ne sont pas tenues par ces obligations de négociation (pas de section syndicale), elles doivent néanmoins garantir le respect du droit à la déconnexion.
Le bilan de la négociation collective 2023 précise que le nombre d’accords d’entreprise est relativement important, avec 1380 accords signés en 2023, soit 28 % de l’ensemble des accords sur les conditions de travail. Point intéressant, des exemples de modalités concrètes nous sont données.
Bon à savoir : Il est aussi constaté que les branches ont intégré le droit à la déconnexion dans les accords sur le temps de travail mais aussi sur le télétravail. Pour rappel, l'ANI (accord national interprofessionnel) du 26 novembre 2020 sur le télétravail a posé le principe selon lequel la mise en place du télétravail prend en compte le droit à la déconnexion.
Voici la liste des exemples donnés :
Le ministère du Travail a rappelé les principes fondamentaux pour rédiger une charte de bonnes pratiques garantissant le droit à la déconnexion. En insistant sur le fait que si la charte est élaborée par l’employeur, elle l’est après avis du CSE et, idéalement, en concertation avec celui-ci.
La charte doit ainsi :
Le ministère du Travail précise également que l’employeur doit avoir répertorié les risques liés à l’usage des outils numériques.
Il ne faut pas d’injonctions contradictoires et impossibles à respecter telles que l’obligation de déconnexion à une heure précise, alors même que la charge de travail est excessive et ne permet pas de respecter cette règle.
Il faut aussi éviter une « période blanche » ne faisant que concentrer la charge de travail sur un temps restreint et laissant moins de latitude dans l’organisation de son travail.
A noter aussi que l'employeur doit mettre en œuvre des actions de formation, afin de familiariser les travailleurs :
Le ministère du Travail considère que l’employeur peut décider d’annexer la charte des bonnes pratiques en matière de droit à la déconnexion au règlement intérieur de l’entreprise dans la mesure où celui-ci fixe les règles de discipline et sécurité. Attention, dans ce cas, les manquements des salariés aux usages définis dans la charte peuvent faire l’objet de sanctions disciplinaires. Rappelons que le CSE doit être consulté en cas de modification du règlement intérieur de l’entreprise.
L’équipe Qiiro est à votre disposition si vous avez des interrogations sur le droit à la déconnexion et le rôle que le CSE peut jouer.
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