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NFT : définition, histoire, cas d'usage
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NFT : définition, histoire, cas d'usage

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Vous avez peut-être déjà entendu parler des NFT, notamment en raison de la croissance extraordinaire de ce marché dans l’écosystème crypto durant l’année 2021. En effet, les NFT acronyme de non fungible tokens, ou jetons non fongibles pour la version française, ont pulvérisé tous les records. Afin que vous compreniez bien l’importance de ce marché, voici quelques données explicites relevées au cours de l’année 2021 :   

  • 📈 Le volume de transactions de NFT a dépassé les 13 milliards de dollars ; 
  • 💻 Les recherches Internet contenant le mot “NFT” ont connu une croissance de 11000 %. 


QiiRO souhaite vous expliquer ce nouveau marché très prometteur, et qui fera certainement partie intégrante de l’Internet de demain.

Éléments de définition des NFT, en l’absence de définition juridique

D’abord, les NFT ne sont pour l’heure pas définis en droit français. Pourtant force est de constater que leur existence dans les faits est bien réelle, en témoignent les volumes et les montants générés par ce marché qui sont en constante augmentation. Quelques chiffres pour que vous vous rendiez bien compte des ordres de grandeurs, et de la croissance fulgurante de ce marché : 


  • Comme cela a été évoqué en introduction, le volume des transactions de NFT en 2021 a dépassé la dizaine de milliards de dollars. En janvier 2021 le marché des NFT atteignait à peine le montant de 32 millions de dollars, avant d’exploser à l’été en dépassant le milliard de dollars. 
  • Certains NFT qui ont généré beaucoup d’engouement se sont échangés pour des millions de dollars (oui, oui, vous avez bien lu, des millions de dollars par une seule image enregistrée sur la blockchain). 


Les non fungible tokens, comme leurs noms l’indiquent sans tromperie, sont non fongibles. Ainsi chaque jeton est unique, il n’est pas interchangeable. À l’inverse un bien fongible, comme une pièce de 1 euro ou 10 Bitcoins, est interchangeable contre un bien ayant la même nature, les mêmes caractéristiques et une valeur équivalente. Les jetons non fongibles au contraire possèdent des caractéristiques particulières, une valeur qui leur est propre et une sorte de numéro de série. Ainsi, chaque NFT est unique et ne trouve pas d’objet identique contre lequel être échangé. Prenons des exemples : si l’on prend deux sacs de pommes de terre, il est possible de les intervertir sans problème ; ce sont des biens fongibles. Cependant, il n’est pas possible d’échanger un Picasso contre un Van Gogh par équivalent, ces tableaux ne sont pas interchangeables. Ils sont uniques, tout comme le sont les NFT. 


Ensuite, il convient de différencier les NFT, des tokens semi-fongibles. Les jetons semi-fongibles ont plutôt vocation à être consommés rapidement et font bénéficier d’un bien semi-fongible. Pour illustrer cela, on peut prendre l’exemple de places de cinéma ou de concert, ou encore de bouteilles de vin achetées sous forme de tokens. Ces tokens ont une identité et des caractéristiques propres, mais compte tenu du fait qu’il y en a plusieurs qui sont émis à l’identique, ils conservent un certain degré d’interchangeabilité.

À la différence des NFT, généralement ces jetons n’ont pas vocation à être conservés ou échangés sur des places de marché spécialisées, mais à faire bénéficier d’un autre bien ou service (bouteille de vin, séance de cinéma…).

picto rédaction
note d'information
Dans un raisonnement analogue, l’absence d’un demandeur d’asile à l’audience a été considérée comme justifiée « compte tenu de la pandémie du Covid-19 en cours et des mesures de confinement prises par l’autorité publique, alors que le département du Haut-Rhin constitue un foyer majeur de l’épidémie, les circonstances caractérisant un cas de force majeure » (CA Colmar, 6ème chambre, 23 Mars 2020, n°20/01206 et n°20/01207).

La petite histoire des NFT

À l’échelle des choses, les NFT sont encore tout jeunes. Toutefois, moins de 10 ans depuis leur naissance, ces tokens ont suscité l’engouement d’un public d’investisseurs plus ou moins averti.


Les NFT ont vu le jour en 2013 avec les Colored Coins qui étaient des tokens basés sur la blockchain bitcoin. Ces tokens représentaient des biens réels et pouvaient être utilisés pour prouver la propriété de n’importe quel actif (métaux précieux, immobilier, actions…). Cette initiative a posé les bases pour les projets émergents dans l’écosystème NFT.

Dès 2014-2015, les start-up souhaitant aller plus loin ont décidé d’ajouter un système de contrepartie. C’est ainsi que la collaboration entre deux développeurs de jeux blockchain, Counterparty et Spells of Genesis, a introduit la notion de contrepartie en émettant des actifs propres au jeu (le BitCrystals) et en permettant l’échange décentralisé entre les utilisateurs.


🃏 En outre, Counterparty a continué sa progression dans ce domaine en créant dès 2016 un jeu de cartes à collectionner basé sur blockchain appelé Force of Will. Ce jeu a connu un vrai succès en se plaçant à la 4e place des ventes du secteur en Amérique du Nord, juste derrière les jeux de cartes Magic : The Gathering, Yu-Gi-Oh et Pokemon.


À partir de 2017, les premiers NFT sous forme d’image pixélisée (CryptoPunks) ont été émis via la blockchain ethereum. C’est à partir de ce moment que les choses se sont accélérées dans le domaine des NFT avant d’exploser et de bénéficier d’une large adhésion du public en 2021. 


🔵 Dans cette petite histoire des NFT, il faut relever le succès d’une start-up française dénommée Sorare. Cette entreprise a merveilleusement accompli son projet en mêlant blockchain, crypto et cartes de football à collectionner. En effet, après à peine deux ans d’existence, Sorare a rejoint le club fermé des licornes (c’est-à-dire que sa valorisation est estimée à plus d’un milliard de dollars).

Et techniquement, qu’est ce qu’un NFT ?

D’abord, les NFT ont pu émerger grâce à la technologie blockchain. 🔗 Cette technologie au nom qui a tendance à effrayer certains, n’est rien d’autre qu’un énorme registre décentralisé qui permet d’enregistrer des opérations de façon pérenne et immuable. Ainsi cette technologie appliquée aux NFT permet de retracer la transaction, toutes ses caractéristiques et les titres de propriété. En outre, la blockchain et les procédés cryptographiques permettent de rendre le NFT infalsifiable. Le NFT peut représenter toutes sortes d’actifs (image, terrain, musique…) et s’échange contre des cryptomonnaies (par exemple l’Ethereum, le SOL ou encore le MATIC sont les plus utilisées).  


Ensuite, le NFT peut être émis sur différents types de technologies blockchain : publiques ou privées. Toutefois, l’utilité d’une blockchain privée est moindre, car les NFT ont vocation à être accessibles au plus grand nombre, sans contrainte de confidentialité.


De plus, pour l’heure la blockchain publique la plus populaire pour l’émission de NFT est celle d’Ethereum. Ce réseau possède également sa cryptomonnaie du même nom (ETH). Mais de plus en plus de blockchain comme celle de Solana ou de Polygon permettent de créer et d’échanger des NFT.


À titre d’illustration, si l’on prend la blockchain ethereum actuellement le standard utilisé pour les NFT est ERC-721. Il permet l’interutilisation des NFT sur la blockchain ethereum. C’est un token différent du ERC-20 qui est le token standard de l’Ethereum utilisé par les smart contracts (contrats intelligents, en français) basé sur ce même réseau. Avant 2018 et la création du standard ERC-721, les tokens pouvaient interagir les uns avec les autres, mais il n’était pas possible de créer des tokens uniques et d’en retracer les mouvements à partir d’un seul smart contract. 


erc nft

❗ Il faut revenir sur cette notion de smart contract. Le contrat au sens du droit obligations français est la « loi des parties », il permet de définir les engagements réciproques des contractants, l’objet et les modalités de leurs accords. Cette affirmation est vraie pour le smart contract mais il va plus loin ! Le smart contract est enregistré dans la blockchain (et profite de toutes ses garanties : immuabilité, pérennité, décentralisation, transparence et traçabilité), tout en assurant automatiquement le transfert d’un actif dès lors que les conditions sont acquises. Grossièrement, il faut considérer que l’actif est lié à un programme aux conditions précises (sous forme de code informatique), qui est lui-même stocké dans une blockchain. En d’autres termes, à partir du moment où les conditions sont remplies, le smart contract exécute l’opération transcrite dans son code.

Quelques cas d’usage des NFT

Depuis 2013, plusieurs cas d’usage utilisant des NFT ont vu le jour notamment dans les domaines suivants : 


🖼 L’art 


Le secteur de l’art a été le premier à être pris d’assaut par la mania des NFT. Et pour cause ! Les NFT permettent pour la première fois dans l’histoire d’Internet de certifier l’authenticité et l’unicité d’une création numérique. En outre, les NFT permettent la désintermédiation entre les artistes et les collectionneurs. En échange d’un certain montant acquitté en cryptomonnaie, l’utilisateur peut acheter en quelques clics le NFT proposé par l’artiste.


Par ailleurs, le marché des NFT a très rapidement été pris au sérieux par les grandes maisons de ventes aux enchères. Par exemple, en mars 2021 la maison Christie’s a réalisé une vente d’un NFT pour un montant record : l’équivalent de 69 millions de $. Dans la foulée, la multinationale Sotheby’s a lancé sa plateforme d’enchères de NFT virtuelle — sous forme de ce que l’on appelle un métavers, un monde virtuel qui se veut avoir des conséquences réelles — dénommée Sotheby’s Metaverse.  


🎮 Les jeux vidéos 


Un autre secteur qui a été impacté par l’émergence des NFT est celui du gaming, soit celui des jeux vidéo. Les NFT ont permis le développement des jeux blockchain, et plus particulièrement des jeux appelés “play-to-earn”. Le concept de ces jeux est simple : plus vous jouez, plus vous avez des chances de gagner de l’argent. Grâce aux NFT, les joueurs peuvent obtenir des items uniques, qu’ils peuvent ensuite échanger contre des cryptomonnaies sur des places de marché spécialisées (cf. dernière partie). 


2021 a été marqué par le succès d’un play-to-earn : Axie Infinity. Dans ce jeu, les joueurs peuvent gagner des Axies - qui sont de petites créatures - qu’ils pourront ensuite négocier sur les places de marché. Ainsi, les Axies sont des NFT et il est aujourd’hui difficile d’obtenir un petit monstre à moins de 100 $. 


axie infinity



🃏 Les objets à collectionner (cartes, figurines ...) 


Le marché des objets à collectionner est également tout à fait approprié aux NFT, et dans la plupart des cas constitue la continuité naturelle des jeux blockchain. En effet, les jeux comme Axie Infinity donne l’envie à certains de collectionner les items du jeu. D’autres jeux blockchain se prêtent encore plus au hobbie de la collection car les NFT sont des cartes qui ont été naturellement collectées et conservées par les utilisateurs. Si l’on reprend l’exemple de Sorare et de ses cartes de football, on peut aisément considérer que ce projet n’est que l’évolution des célèbres cartes et albums Panini. 


🏢 L'immobilier 


Enfin, les NFT trouvent une application dans l’immobilier virtuel. Certaines start up crypto comme Decentraland ou encore The SandBox proposent des lieux complètement immersifs et virtuels appelés métavers. Dans ces mondes les utilisateurs peuvent acheter des terrains, bâtir, les revendre …

Petit point terminologique sur l’écosystème NFT

À côté des sociétés qui créent et distribuent des NFT, il y a d’autres types d’entités dans l’écosystème des NFT.


Il existe des plateformes de ventes de NFT sur lesquelles les utilisateurs peuvent proposer à la vente les NFT qu’ils détiennent. Actuellement, OpenSea est la place de marché de NFT la plus importante en termes de volumes et de montants échangés. Toutefois, il existe d’autres plateformes similaires : Rarible, SuperRare, ou Fondation. De plus, certains exchanges (plateformes d’échanges de cryptomonnaies) ont lancé leur propre place de marché comme Binance, FTX ou encore Solana avec Solsea.


Nous reviendrons plus en détail sur cet écosystème à l’occasion d’un nouvel article ! Keep ready !

Deux personnes côte à côte. À gauche, Monsieur QiiRO tenant une tablette numérique dans la main et à sa droite il y a Madame QiiRO tenant un téléphone dans sa main gauche.
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