Rupture conventionnelle : ce qui change en 2026

Article rédigé par Anne-Lise Castell
Publié le 17 octobre 2025, mis à jour le 23 juin 2026

On a beaucoup parlé ces derniers mois d’une remise en cause possible de la rupture conventionnelle par les pouvoirs publics. La loi de financement de la Sécurité sociale 2026 contient bien une mesure sur la rupture conventionnelle avec la hausse de la contribution patronale. Ce qui va considérablement alourdir le coût de la rupture conventionnelle côté employeur…Et côté salarié, c’est les droits au chômage qui sont réduits avec la nouvelle convention d’assurance chômage agréée le 23 juin 2026 et une loi publiée le 12 juin 2026.

Une contribution patronale de 40 % sur l’indemnité de rupture conventionnelle

L'indemnité de rupture conventionnelle est soumise à une contribution patronale spécifique sur la part de l'indemnité exonérée de cotisations sociales.

Cette contribution est versée par l'employeur, au profit de la Caisse nationale d'assurance vieillesse.

Jusqu’à présent, cette contribution s’élevait à 30 %. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 la porte à 40 %.

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Des droits au chômage revus à la baisse

Un avenant à la convention d'assurance chômage du 25 février 2026 a prévu une réduction des droits à chômage après la signature d’une rupture conventionnelle.

La durée maximale d’indemnisation va ainsi passer à : 

  • 15 mois (20 mois pour les allocataires résidant en outre-mer, hors Mayotte) pour les allocataires âgés de moins de 55 ans ;
  • 20,5 mois (30 mois pour les allocataires résidant en outre-mer, hors Mayotte) pour les allocataires âgés de 55 ans et plus.

Il est aussi prévu un accompagnement personnalisé et intensif des demandeurs d’emploi à la suite d’une rupture conventionnelle individuelle par France travail.

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Les organisations signataires demandent aussi au ministère du Travail de compléter les informations mises à disposition des salariés relatives aux droits à indemnisation chômage post-rupture conventionnelle individuelle.

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A partir de quand ?

Pour la hausse de la contribution, cela s’applique à toutes les ruptures conventionnelles en 2026.

Bon à savoir : Le BOSS précise que le nouveau taux s’applique aux indemnités versées au titre d’une rupture du contrat de travail dont le terme est postérieur au 1er janvier 2026.

Autrement dit, la rupture conventionnelle est désormais plus coûteuse pour l’employeur ce qui pourrait compliquer sa négociation par les salariés…

En ce qui concerne la convention d’assurance chômage, une loi publiée le 12 juin 2026 est venue autoriser une modulation fondée sur le motif de rupture du contrat et donner une base légale à cette convention afin qu’elle puisse être agréée. L’article L. 5422-2 du Code du travail a été modifié. Le 23 juin, la convention a été agréée.

Les pouvoirs publics ont annoncé que la baisse d'indemnisation prendra effet au 1er septembre 2026.

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Une étude d’impact souligne que la mesure est susceptible :

  • d'accroître l'incitation à la reprise d'emploi avant l'épuisement des droits ;
  • de réduire la durée moyenne d'indemnisation des allocataires concernés ;
  • d'influencer les comportements de recours à la rupture conventionnelle (désincitation potentielle à y recourir, substitution vers d'autres motifs de rupture de CDI).

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Focus : panorama statistique sur les ruptures conventionnelles

Dans la foulée des dernières négociations sur l’Assurance chômage, l’Unedic a fait un panorama statistique des ruptures conventionnelles et de leur impact sur l’Assurance chômage. Il en ressort que selon les secteurs, les ruptures conventionnelles représentent entre 8 % et 21 % des ruptures de CDI. Cela représente 515 000 ruptures conventionnelles individuelles sur l’année (chiffres de l’année 2024).

Près de 375 000 droits chômage ont été ouverts à la suite d’une rupture conventionnelle et cela concerne majoritairement des ex-salariés en milieu de carrière.

A noter que les salariés qui signent une rupture conventionnelle sont plus fréquemment concernées par la perception d’indemnité supérieure au montant légal de licenciement au moment de la rupture de contrat, et donc par un différé spécifique d’indemnisation (35 % contre 11 %). Sur ce sujet vous pouvez consulter notre article Rupture conventionnelle et différé d’indemnisation chômage : comment ça marche en 2026 ?

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Les allocataires qui ouvrent un droit à la suite d’une rupture conventionnelle créent ou reprennent plus souvent une entreprise que les autres entrants à l’Assurance chômage (21 % contre 10 % pour l’ensemble des allocataires).

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Références
  • Arrêté du 19 juin 2026 portant agrément des dispositions de l'avenant n° 2 du 10 avril 2026 modifiant la convention du 15 novembre 2024 relative à l'assurance chômage, le règlement général annexé à la convention du 15 novembre 2024, l'accord d'application n° 1 et les annexes, JO du 23
  • Loi  n° 2026-470 du 11 juin 2026 portant transposition de l'avenant n° 3 du 25 février 2026 au protocole d'accord du 10 novembre 2023 relatif à l'Assurance chômage, JO du 12
  • BOSS, mise à jour du 1er avril 2026
  • Unedic, Panorama statistique sur les ruptures conventionnelles, 26 février 2026
  • Avenant n°3 du 25 février 2026 au protocole d’accord du 10 novembre 2023 relatif à l’Assurance chômage
  • Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026, JO du 31
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