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Actualités 2026 du CSE

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Actualités 2026 du CSE

Jeudi 26 février 2026, Qiiro et Edenred vous ont présenté un webinaire dédié à l’actualité sociale 2026 pour les CSE qui a réuni plus de 300 participants. 

L’occasion de vous présenter des sujets tels que les nouveautés du guide URSSAF 2026 destiné aux CSE,  la nouvelle obligation de négociation sur les seniors, ou encore l’avancée de la réforme de la transparence salariale.

Lors de ce rendez-vous, plusieurs dizaines de questions-réponses nous ont été posées.

Voici un récapitulatif des questions posées et de nos réponses.

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Webinaire dédié à l’actualité sociale 2026 pour les CSE qui a réuni plus de 300 participants. 

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Aller plus loin sur le sujet

Mandat, fonctionnement du CSE & discrimination syndicale

[Q1] Question sur le remplacement d'un élu : quel suppléant vient remplacer un élu titulaire démissionnaire ?

C’est l’article L.2314-37 du Code du travail qui prévoit les règles de remplacement d’un élu titulaire du CSE lorsqu’il cesse ses fonctions.

Il est ainsi remplacé par un suppléant élu sur une liste présentée par la même organisation syndicale que lui. La priorité est donnée au suppléant élu de la même catégorie.

Dans le cas où aucun suppléant n'a été élu sur une liste présentée par l'organisation syndicale du titulaire, le remplacement est assuré par un candidat non élu proposé par la même organisation. Ce choix se fait parmi les candidats qui suivent directement le dernier titulaire élu ou, si nécessaire, le dernier suppléant élu.

A défaut, le remplacement pourra être assuré par le suppléant élu qui n’appartient pas à l'organisation du titulaire à remplacer, mais qui appartient à la même catégorie et a obtenu le plus grand nombre de voix. 

Le remplaçant prend alors le poste de titulaire jusqu'au retour de la personne qu'il remplace ou jusqu'à ce que l'institution soit renouvelée.

[Q2] Est-ce que l’usage d’une IA lors du processus de recrutement doit faire l’objet de la validation du CSE ?

Dès lors que l’entreprise utilise l’IA, l’information-consultation du CSE s’impose généralement. En effet, à partir de 50 salariés, le CSE doit être informé et consulté sur les questions intéressant l'organisation, la gestion et la marche générale de l'entreprise. Et notamment sur :

  • l'introduction de nouvelles technologies ;
  • ou tout aménagement important modifiant les conditions de santé et de sécurité ou les conditions de travail (Code du travail. art. L. 2312-8).

Si l’IA n’a jamais été introduite lors du recrutement , ou que le déploiement affecte de façon importante les conditions de travail des salariés (les chargés de recrutement), la consultation du CSE s’impose. A défaut, le CSE peut agir devant le juge des référés pour demander la suspension du projet le temps d’être consulté. 

De nombreux exemples existent et dès lors que le CSE arrive à montrer qu’il y a un impact direct sur les conditions de travail des salariés, ou que la technologie est nouvelle, il obtient gain de cause (voir par exemple tribunal judiciaire de Nanterre, ordonnance de référé, n°RG 25/02856, 29 janvier 2026).

[Q3] Mon employeur peut-il utiliser mon activité CSE pour rejeter ma candidature à une évolution ?

Absolument pas. Selon l’article L. 1132-1 du Code du travail, aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l'objet d'une mesure discriminatoire, directe ou indirecte en raison de ses activités syndicales ou mutualistes, ou de son exercice d'un mandat électif.

Un refus d’avancement en raison du mandat d’élu CSE c’est une discrimination.

A noter que la Cour de cassation considère qu’un salarié victime de discrimination syndicale n’a pas à prouver qu’il a subi un préjudice. Dès lors qu’il a été jugé qu'il a été victime de discrimination syndicale, le droit à réparation financière est automatique (Cass. soc., 10 septembre 2025, n° 23-21.124). Vous avez 5 ans pour agir.

Pour prouver la discrimination, vous devez présenter plusieurs éléments de fait constituant selon vous une discrimination directe ou indirecte.

Le juge apprécie si ces éléments pris dans leur ensemble laissent supposer l'existence d'une telle discrimination. Dans l'affirmative, il incombe à l'employeur de prouver que ses décisions sont justifiées par des éléments objectifs étrangers à toute discrimination.

2. Négociations obligatoires (égalité pro, seniors, transparence salariale…)

[Q4] Les négociations obligatoires comme celle sur l’emploi des seniors se font avec le CSE ou les DS ?

Ce sont toujours les délégués syndicaux qui négocient. Les négociations obligatoires supposent d’ailleurs qu’il y ait une ou plusieurs sections syndicales d'organisations représentatives et dans lesquelles est présent au moins un délégué syndical.

A noter que le CSE peut, en l’absence de délégué syndical, négocier des accords d’entreprise sous certaines conditions (C. trav., art. L. 2232-23-1 à L. 2232-29-2).

[Q5] Concernant la nouvelle négociation sur les seniors, y a-t-il seulement une obligation de négocier ou une obligation de résultat ?

L’obligation porte sur le fait d’ouvrir une négociation. La loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 impose en effet une négociation sur l’emploi, le travail et l’amélioration des conditions de travail des salariés expérimentés qui porte notamment sur le recrutement de salariés expérimentés, leur maintien dans l'emploi, l'aménagement des fins de carrière, etc.

Il faut savoir que la loi de financement de la Sécurité sociale 2026 a créé une sanction pour les employeurs qui ne négocient pas (un malus de cotisation). Or cette sanction peut aussi s’appliquer à ceux qui ne sont pas parvenus à un accord et n’ont pas de plan d’action annuel destiné à favoriser l’emploi des salariés expérimentés.

[Q6] Concernant la nouvelle négociation sur les seniors, le seuil des 300 personnes est-il sur l'année précédente ?

La négociation s’impose lorsqu'une ou plusieurs sections syndicales d'organisations représentatives sont constituées dans les entreprises et les groupes d'entreprises, au sens de l'article L. 2331-1, d'au moins 300 salariés (C. trav., art. L. 2242-2-1).

S’agissant d’une obligation du Code du travail, on détermine en effet l’effectif au 1er janvier de l’année en tenant compte du nombre de salariés présents dans l'entreprise au cours des mois civils de l'année passée. 

[Q7] Pour le nombre de salariés, si on dépend d'un groupe international, quel est le nombre qui compte ? 

La loi parle de groupe d’entreprise d’au moins 300 salariés au sens de l’article L. 2331-1. Selon cet article, est considérée comme entreprise dominante, pour la constitution d'un comité de groupe, une entreprise exerçant une influence dominante sur une autre entreprise dont elle détient au moins 10 % du capital, lorsque la permanence et l'importance des relations de ces entreprises établissent l'appartenance de l'une et de l'autre à un même ensemble économique.

[Q8] L’accord GEPP répond-t-il à la négociation pour les seniors ?

Non il s’agit d’une autre négociation qui n’est d’ailleurs pas ciblée sur les seniors.

Doivent négocier sur la gestion des emplois et des parcours professionnels (GEPP) : 

  • les entreprises et les groupes d'entreprises d'au moins 300 salariés ;
  • les entreprises et groupes d'entreprises de dimension communautaire comportant au moins un établissement ou une entreprise d'au moins 150 salariés en France.

[Q9]  Senior : c'est à partir de quel âge ?

En général, des mesures sont prises à partir de 45 ans. C’est à l’accord de définir les mesures prises en fonction de l’âge.

[Q10] Quelle différence entre la transparence salariale et les chiffres du bilan social ?

Le bilan social est intégré dans la consultation sur la politique sociale de l'entreprise et imposé à partir de 300 salariés. En l’absence d’accord, il récapitule les principales données chiffrées permettant d'apprécier la situation de l'entreprise dans le domaine social, d'enregistrer les réalisations effectuées et de mesurer les changements intervenus au cours de l'année écoulée et des deux années précédentes (C. trav., L. 2312-30).

La transparence salariale découle d’une directive européenne qui doit être transposée en droit français. Elle crée des obligations précises comme mesurer les écarts de rémunération à travail de valeur égale. Des modifications vont donc être apportées aux dispositifs actuellement en place. Une réforme de l’index est notamment annoncée.

[Q11] Peut-on déjà négocier un accord sur la transparence salariale ?

C’est tout à fait possible de négocier un accord. On peut négocier à tout moment. Certaines entreprises vont d’ailleurs peut être choisir de le faire pour écarter tout risque en lien avec le non-respect de la date limite de transposition de la directive (le projet de loi de transposition étant en retard…).

Dans tous les cas, il ne faut rien signer à la hâte et il est conseillé de prévoir une révision de l’accord en fonction de la future loi.

[Q12] La direction dit que tout le monde est différent : comment faire ?

C’est tout l’enjeu de la transparence salariale puisqu’il sera moins facile de se cacher derrière cet argument. Les salariés pourront être informés des niveaux de rémunération moyens, ventilées par sexe, pour les catégories de travailleurs accomplissant le même travail qu’eux ou un travail de même valeur que le leur. Il est prévu dans l’avant projet de loi que le CSE, les salariés ou les délégués syndicaux puissent demander à l’employeur des justifications sur l'indicateur relatif à l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes par catégories de salariés.

Quoi qu’il en soit, malgré cette mise en lumière, des différences pourront toujours se justifier mais à condition d’être fondées sur des raisons objectives.

[Q13] Moyenne rémunération individuelle pour la transparence salariale = salaire de base ou avec prime d'ancienneté ?

On a pas encore tout le détail mais on peut penser que les règles seront assez similaires à celles de l’index égalité. Dans le cadre de l’index au sens de l’article L. 3221-3 du Code du travail, la rémunération à prendre en compte comprend non seulement le salaire ou traitement ordinaire de base ou minimum, mais également tous les autres avantages et accessoires payés, directement ou indirectement, en espèces ou en nature, par l’employeur au salarié en raison de l’emploi de ce dernier. 

En revanche, les primes liées à une sujétion particulière (qui ne concerne pas la personne du salarié) comme les primes d’ancienneté sont exclues.

[Q14] Les coefficients des conventions collectives pourront-ils être pris en compte pour définir des catégories de postes ?

L’idée est de comparer des postes de valeur égale, donc même des emplois très différents avec des intitulés qui n’ont rien à voir. Les entreprises ne pourront donc pas se contenter d’appliquer les classifications des conventions collectives. 

Il va falloir réussir à faire des catégories de poste à travail de valeur égal.

[Q15] Sur la transparence salariale : la directive européenne est déjà applicable ?

Pas encore. Adoptée le 10 mai 2023 doit être obligatoirement transposée dans le droit français avant le 7 juin 2026.

Sachant qu’on en est juste au stade de l’avant-projet de loi… Il faut maintenant finaliser ce texte suite aux dernières discussions avec les partenaires sociaux et l'adopter en Conseil des ministres avant les discussions au Parlement. Une adoption au Parlement avant l’été semble donc impossible. On l’annonce plus probablement pour la rentrée 2026 avant une entrée en vigueur à partir de 2027.

3. Égalité professionnelle femmes / hommes & Index

[Q16] Concernant l’index égalité professionnelle, le CSE doit-il recevoir toutes les infos même si tout est "non-calculable" car très peu de femmes ?

Tout à fait. Dans le cas où certains indicateurs ne peuvent pas être calculés, l’information du CSE sur les indicateurs doit quand même être assurée et est accompagnée de toutes les précisions expliquant les raisons pour lesquelles les indicateurs n’ont pas pu être calculés (C. trav., art. D. 1142-5).

[Q17] Que faire si l’employeur ne communique pas l’index à temps ? Quelles actions peut entreprendre le CSE ?

Les résultats de l’index vous sont transmis avant la première réunion du CSE qui suit la publication de l’index. Sachant que l’employeur a une date butoir au 1er mars de chaque année pour publier son index. Les résultats au titre de l’année 2025 devaient donc être calculés au 1er mars 2026.

Si ce n’est pas le cas dans votre entreprise, demandez des explications à votre employeur. 

Si cela ne marche pas, vous pouvez lui rappeler que l’index n’est pas une simple option et qu’il existe des sanctions financières pour l’entreprise s’il n’est pas réalisé.

Sachez également que nous sommes dans la situation d’un délit d’entrave que vous pouvez faire reconnaître.

[Q18] Que signifie “mesures de correction” ? (ex : score de 81%)

Des mesures de correction s’imposent dès que la note globale de l’index est inférieure à 75 points. Elles doivent d’ailleurs être publiées en interne et en externe.

Il doit s’agir de mesures pertinentes et adéquates et le cas échéant de mesures financières de rattrapage salarial annuelles ou pluriannuelles (C. trav., art. L.1142-9).

L’employeur peut se voir appliquer une pénalité financière s’il ne prend pas de mesures de correction dans les conditions prévues à l’article L. 2242-8 du Code du travail

[Q19] Et si la BDESE n’est pas à jour ?

C’est via la BDESE que vous allez recevoir des informations sur l’index. Plus précisément, vous devez voir dans la BDESE les résultats présentés :

  • pour l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes : par catégorie socioprofessionnelle, niveau ou coefficient hiérarchique ou selon les niveaux de la méthode de cotation des postes de l’entreprise, ainsi que par tranches d’âge ;
  • pour les écarts de taux d’augmentations et de promotions : par catégorie socioprofessionnelle.

Il s’agit d’une règle d’ordre public. L’employeur qui ne met pas à jour la BDESE ne respecte pas ses obligations concernant l’index. 

[Q20] Lors de la présentation du document, notre Direction a enlevé la catégorie Cadres dirigeants de l’index. Quel est l'intérêt ?

Le ministère du Travail précise bien que les cadres dirigeants doivent être pris en compte pour le calcul des indicateurs dès lors qu’ils sont salariés de l’entité légale concernée.

Les exclure ne permet donc pas de remplir ses obligations. 

A noter que pour certains indicateurs, seuls les groupes comprenant au moins trois hommes et trois femmes sont pris en compte.

[Q21] Concernant le calcul de la représentation équilibrée entre les femmes et les hommes, comment s’applique la nouveauté pour une entreprise du tertiaire avec majorité de femmes ?

Les entreprises employant au moins 1000 salariés pour le 3e exercice consécutif ont l’obligation de calculer et publier, avant le 1er mars de chaque année, leurs écarts éventuels de représentation entre les femmes et les hommes parmi leurs cadres dirigeants et les membres de leurs instances dirigeantes.

En plus de cette obligation de transparence, une obligation de représentation équilibrée a démarré le 1er mars 2026. Les entreprises devaient ainsi atteindre un objectif minimal de 30 % de femmes et d’hommes cadres dirigeants et de 30 % de femmes et d’hommes membres d’instances dirigeantes.

Cette obligation s’impose quel que soit le secteur d’activité et le sexe trop représenté.

4. Plateformes ASC / Budget CSE / Exonérations

[Q22] A propos des exonérations pour les plateformes de réductions tarifaires (ex : Edenred), comment séparer budget ASC / fonctionnement ?

L’idée pour déterminer quel budget est concerné, c’est de se demander quelle est l'utilité de la dépense : faire un cadeau ou faire fonctionner le CSE. Dans le premier cas, on utilise le budget ASC, dans le second le budget de fonctionnement.

Si la plateforme ouvre accès à des prestations qui ne sont pas des ASC, elles ne bénéficieront pas d’exonérations car seules les ASC bénéficient des exonérations.

Il faut donc pouvoir individualiser les prestations.

[Q23] Peut-on utiliser le budget de fonctionnement s’il y a “de la communication” ?

Les opérations de communication relèvent bien du budget de fonctionnement. Mais attention, ce n’est pas parce qu’un objet est à l’effigie du CSE (nom, logo) que cela permet de le financer avec le budget de fonctionnement. Si l’objet a vocation à être un cadeau, il entre dans le budget activités sociales et culturelles.

[Q24] La proratisation des prestations pour intermittents est-elle risquée ?

Oui. Les intermittents du spectacle sont des salariés embauchés en CDD d’usage. Ils ont donc vocation à bénéficier des ASC comme les autres salariés. Les seuls critères qui peuvent aujourd'hui être utilisés sans risque pour une modulation en matière d’ASC sont  : le quotient familial et le revenu fiscal de référence.

[Q25] Quid des plateformes pour le sport ?

Les réductions accordées par le CSE ou le remboursement de sommes payées par le salarié pour la pratique d’activités sportives sont exonérés de cotisations, sous réserve de présentation d’un justificatif pour les remboursements partiels ou totaux.

5. Congés payés, RTT & temps de repos

[Q26] L'employeur, au 31 mai, peut-il nous supprimer notre solde de jours de CP non utilisés ?

En matière de congés payés, il y a une période d’acquisition des CP et une période de prise.

Les congés acquis doivent être consommés pendant la période de prise sinon ils sont perdus sauf exceptions.

Celle-ci ne s’étend pas forcément sur toute l’année bien que ce soit le cas le plus fréquent.

Elle doit au moins aller du 1er mai au 31 octobre de chaque année pour les congés acquis l’année précédente.

Le plus souvent, la période de prise va du 1er juin de l'année précédente au 31 mai de l'année en cours.

Les congés non pris au 31 mai sont ainsi bien perdus sauf cas de report (congé maternité, arrêt maladie…). Il faut également que le salarié n’ait pas été empêché de prendre ses congés par l’employeur sinon il peut être indemnisé.

[Q27] Même question pour les RTT : l'employeur au 31 décembre peut-il supprimer notre solde non utilisé ?

Dans la plupart des cas, les accords collectifs qui mettent en place des RTT imposent de les prendre au cours de l’année civile. Les RTT ne sont pas automatiquement reportées d’une année sur l'autre, ils sont perdus s’ils ne sont pas pris. Mais des possibilités de report peuvent être prévues dans l’accord collectif.

Il existe aussi, selon les cas, des possibilités de rachat, de dons, de placement sur un compte épargne-temps. Là-aussi le salarié ne doit pas avoir été empêché par l’employeur de prendre ses RTT.

[Q28] À quoi correspond le temps de repos ?

Il existe un repos quotidien qui est fixé à 11 heures. Ce repos peut être réduit à 9 heures :

  • en cas d’urgence ;
  • par voie d’accord collectif pour certaines activités spécifiques ;
  • en cas de surcroît exceptionnel d'activité,sur décision administrative délivrée par les services du ministère du Travail.

Pour le repos hebdomadaire, un même salarié ne doit pas travailler plus de 6 jours par semaine, et doit bénéficier d’un repos hebdomadaire d’une durée minimale de 24 heures consécutives. Il est toutefois possible de le différer ou le suspendre dans des cas particuliers (exemple travaux urgents, pour les activités saisonnières…).

6. Contrats de travail, clauses & activités parallèles

[Q29] Pour l'auto-entreprenariat, qu’en est-il si le contrat de travail contient une clause d'exclusivité ?

La clause d’exclusivité interdit d’exercer une autre activité y compris en auto-entrepeneur.

Une clause d'exclusivité n’est cependant valable que si elle est :

  • indispensable à la protection des intérêts légitimes de l’entreprise ;
  • justifiée par la nature de la tâche que devra accomplir le salarié ;
  • proportionnée au but recherché.

Attention, même si cette clause n’existe pas, le fait pour le salarié de créer et d'exercer, sous le statut d'auto entrepreneur, tout en étant au service de son employeur, une activité directement concurrente de l'une des siennes, c’est une faute grave (Cass. soc., 14 janvier 2026, n° 24-20.799).

7. Rupture conventionnelle, licenciement économique & départs

[Q30] Votre ressenti sur l'envolée des RCC en ce moment ?

La rupture conventionnelle collective n’est pas toujours une mauvaise nouvelle, c’est une alternative aux licenciements économiques qui permet aussi de viser des salariés volontaires. C’est un tout cas un sujet auquel il faut s’intéresser de près du côté des syndicats afin d'être à même de négocier le meilleur accord possible pour les salariés. Par exemple lorsqu’on fixe les critères pour être volontaire au départ.

[Q31] Quelle est la période de protection pour un ancien élu en cas de licenciement économique ?

Pendant le mandat, le licenciement ne peut intervenir que sur autorisation de l’inspection du travail. A la fin du mandat d’élu CSE, la même règle s’applique pendant 6 mois puisque le salarié bénéficie d'une protection contre le licenciement d'une durée de 6 mois.

Il faut aussi savoir que le licenciement prononcé à l'expiration de la période légale de protection ne peut être motivé par un motif économique, précédemment invoqué devant l'inspection du travail et refusé (Cass. soc., 3 décembre 2025, pourvois n° 24-17.378, n° 24-17.379, n° 24-17.380, n° 24-17.381, n° 24-17.382, n° 24-17.383).

[Q32] Réforme de la rupture conventionnelle :  une rupture accordée en 2025 pour un départ en mars 2026 est-elle concernée par la baisse du nombre de mois d'indemnité chômage (15 mois au lieu de 18) ?

Un avenant à la convention d'assurance chômage du 25 février 2026 prévoit en effet une réduction des droits à chômage après la signature d’une rupture conventionnelle. Un projet de loi est annoncé pour septembre 2026.

Pour le moment aucune communication n’a été apportée sur le fait de savoir si la réduction de la durée du chômage s’appliquera à ceux qui ont conclu une rupture conventionnelle avant l’entrée en vigueur de la future loi. On peut imaginer que l’entrée en vigueur ne concernera que les nouvelles ruptures conventionnelles conclues à partir de la publication de la loi mais il faut attendre confirmation.

[Q33] Si j’ai trouvé un nouvel emploi, vaut-il mieux démissionner ou négocier une rupture conventionnelle ?

Tout dépend de votre timing et de votre prise de poste. Une rupture conventionnelle aura l’avantage de vous permettre de partir avec une indemnité. Mais elle suppose de vous mettre d’accord avec l’employeur et de suivre toute la procédure (qui dure au moins 1 mois).

Avec la démission, vous êtes libre. Vous annoncez votre départ quand vous le souhaitez et pouvez partir dès la fin de votre préavis. Par contre, vous n’avez pas d’indemnité de départ (juste le paiement des congés payés non pris).

[Q34] Quelle est la durée maximale d’indemnisation au chômage après une rupture conventionnelle ?

Actuellement, c’est 18 mois dans le cas général (22,5 ou 27 mois pour les 55 ans et plus).

Avec la réforme, la durée maximale d’indemnisation serait fixée à : 

  • 15 mois (20 mois pour les allocataires résidant en outre-mer, hors Mayotte) pour les allocataires âgés de moins de 55 ans ;
  • 20,5 mois (30 mois pour les allocataires résidant en outre-mer, hors Mayotte) pour les allocataires âgés de 55 ans et plus 

Attention, il y a un différé d’indemnisation qui peut être long…

[Q35] L’employeur peut-il refuser une rupture conventionnelle ? 

Tout à fait, cette rupture repose forcément sur un commun accord.

[Q36] Est-ce légal de décaler la prime de départ en cas de licenciement pour éviter des charges ou impacts pour le salarié ?

Vous parlez de l’indemnité de licenciement ? L’indemnité de licenciement est normalement versée à la fin du préavis. Si le salarié est dispensé de préavis, elle peut être payée au moment où il quitte effectivement son travail.

Le salarié qui ne reçoit pas cette indemnité dans les temps est légitime à la réclamer. Il n’y a pas de raison valable pour la décaler…

8. Évolution professionnelle, GEPP, reconversion & dispositifs

[Q37] Quelle différence entre les entretiens annuels et professionnels ?

Quand on parle d’entretien annuel, on vise en général l’entretien d’évaluation qui porte sur le travail du salarié.

L’entretien professionnel, remplacé par l’entretien de parcours professionnel, est quant à lui consacré notamment aux souhaits d’évolution et aux besoins de formation du salarié. 

Ces deux entretiens n’ont donc pas du tout le même objectif. Il faut aussi savoir que l'entretien de parcours professionnel est obligatoirement proposé aux salariés, l’entretien annuel d’évaluation pas forcément.

[Q38] L’entretien de parcours professionnel, est-ce dans le cadre d'une évolution ?

L’entretien de parcours professionnel, c’est un rendez-vous périodique. Il intervient indépendamment de l’évolution du salarié. 

Une fois embauché, le salarié bénéficie de son 1er entretien de parcours professionnel au cours de la 1re année suivant son entrée dans l’entreprise.

Puis, s’il reste dans la même entreprise, il bénéficie d’un entretien tous les 4 ans (ainsi que suite à certaines absences sous condition).

Un état des lieux récapitulatif du parcours professionnel du salarié est normalement fait au bout de 8 ans.

[Q39] Où trouver des informations approfondies sur la reconversion professionnelle  ?

La période de reconversion a été mise en place par une loi du 24 octobre 2025 (loi n° 2025-98). Deux décrets ont précisé les modalités d’application (décret n° 2026-39 du 28 janvier 2026 et décret n° 2026-40 du 28 janvier 2026).

Le ministère du Travail les décrypte dans un questions réponses du 3 février 2026.

[Q40] Si l'employeur prend l'initiative de la période de reconversion, est-ce dans le cadre d’une évolution ?

Pas forcément.  Il n’y a par exemple aucune garantie de changer de poste ou d’être augmenté à la fin de la période de reconversion. Dans tous les cas, pour mettre en oeuvre une période de reconversion, il faut un accord écrit entre l’employeur et le salarié. Le salarié peut donc tout à fait subordonner son accord à une évolution à l’issue de la période de reconversion.

[Q41] Est-ce que ce dispositif de période de reconversion fonctionne pour monter sa propre entreprise ?

Ce dispositif n’est pas fait pour cela. La période de reconversion est un dispositif qui permet à un salarié souhaitant effectuer une mobilité interne ou externe à son entreprise de bénéficier d’une période ayant pour objet d’acquérir :

  • une certification enregistrée au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) ;
  • un certificat de qualification professionnelle (CQP) de branche ou interbranche ;
  • un ou plusieurs blocs de compétence.

Le salarié en parcours bénéficie d’actions de formation. Il peut aussi bénéficier de la VAE et de l’acquisition d’un savoir-faire par l’exercice en entreprise d’une ou de plusieurs activités professionnelles.

Par contre, vous pouvez utiliser ce dispositif en parallèle d’un projet de création d’entreprise.

[Q42] Ça annule le dispositif PRO'MOUV?

La période de reconversion se substitue à la promotion ou reconversion par alternance  (Pro-A) et au dispositif « Transitions collectives ». Rien n’est mentionné concernant le dispositif PRO'MOUV.

9. Retraite & cumul emploi-retraite

[Q43] Quelle est la réforme cumul emploi-retraite en 2027 ? Suis-je impacté si je suis déjà retraité et exerce une activité cette année ?

Le cumul emploi-retraite va être réformé à partir du 1er janvier 2027, pour les personnes partant à la retraite après cette date. 3 situations seront à distinguer : 

  • avant l'âge légal de 64 ans, il n’y a pas de cumul emploi-retraite puisque la pension retraite est réduite à hauteur des revenus professionnels et de remplacement  pour valoriser la retraite progressive ;
  • entre 64 et 67 ans, le cumul emploi-retraite partiel est instauré. La pension sera réduite à hauteur de 50 % des revenus professionnels et de remplacement qui dépassent un certain seuil ;
  • à partir de 67 ans, le cumul emploi-retraite est intégral ; la pension est entièrement cumulée avec les revenus.

La réforme s’appliquera aux assurés qui entrent en jouissance de leur première pension de vieillesse de base à compter du 1er janvier 2027. Si vous êtes retraité cette année, vous n’êtes donc pas impacté.

10. Support, logistique & questions pratiques

[Q44] Pourrait-on avoir le support de la présentation ?

Nous pouvons vous l’envoyer sur demande.

[Q45] Y aura-t-il un autre webinaire ?

Tout à fait. Nous allons vous proposer un rendez-vous régulier sous forme de webinaire sur l’actualité des CSE. Une newsletter va aussi bientôt voir le jour. Nous vous tiendrons informé.

Qiiro accompagne votre CSE

Jean GARCIA
5 étoiles trustpilot
17/04/2025
Nous avions un autre prestataire jusqu'à l'an dernier. depuis que nous sommes chez QIIRO, les informations sont plus fluides, ils savent expliquer simplement et se mettre au niveau de leurs interlocuteurs. Les réponses sont rapides et détaillées, elles sont argentées d'articles de loi. Très contents de cette collaboration, je recommande.
SNAPAC
Anonyme
5 étoiles trustpilot
25/07/2025
J'ai soumis un dossier personnel sur le droit du travail à Mme Guélé DIA. Elle m'a fourni les informations adéquates et percutantes qui m'ont permis d'approfondir ma réflexion et de me positionner sur les possibilités de résolutions.
CSE Anonyme
A
Alain MAERTINAND
5 étoiles trustpilot
20/06/2025
Formation sur le CSE réalisée en petit groupe, avec un formateur très compétent et sympathique. Un grand merci à lui pour sa disponibilité et bonne humeur, ainsi qu'à toute l'équipe pour la qualité de la formation.
Expertise & Concept
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